Juges

5 questions posées à nos juges:
  1. Qu’es-ce qui vous allume sur le web en ce moment?
  2. En tant que juge du hackathon, que recherchez-vous?
  3. L'accessibilité du web ça commence par...
  4. L’écoresponsabilité en production numérique, ca vous dit quoi?
  5. D'après vous, de quoi Radio-Canada a-t-elle besoin sur le plan numérique?
Maxime St-Pierre
Maxime St-Pierre
Directeur général des Médias numériques à Radio-Canada

Fort d’une expérience de plus de 16 ans dans le domaine numérique, Maxime St-Pierre imprime sa marque comme directeur de projets nationaux et internationaux majeurs en B2C, B2B et en commerce électronique. Au cours des dernières années, la mobilité devient son champ d’expertise. Sa vision des produits et services mise sur la concrétisation de stratégies multiécrans et la maîtrise des technologies émergentes et plateformes transactionnelles. Élaborer des systèmes qui permettent à l’humain d’interagir aisément au quotidien dans un monde connecté est au cœur de ses préoccupations.

  1. Le web est mort, vive les écosystèmes numériques multiplateformes (le web, le mobile, les objets connectés, etc.)!    Je crois que les humains sont au centre de nos interactions quotidiennes, Donc, ce qui m’allume, c’est de pouvoir vivre des expériences numériques utiles, créatives, engageantes et pertinentes, puisqu’elles sont le résultat d'interconnections entre des systèmes, bâties en partie par des humains ou des robots (grâce à l'intelligence artificielle), qui nous permettent d'interagir au quotidien.  
  2. Je recherche l’audace, la créativité et la pertinence.
  3. L’accessibilité du web, ça commence par « a » et ça se termine pas "ccessibilité du web ».   Blague à part, l’accessibilité du web est l’affaire de tous, et sa bonne implémentation est un signe de respect envers tous les citoyens numériques.
  4. Pour moi, c’est un signe de respect pour nos prochains. Nous sommes maîtres de nos choix et l’écoresponsabilité en est un. C’est une valeur qui doit nous guider dans notre travail et dans le choix de nos partenaires et de nos collaborateurs.  
  5. J’ai de la suite dans les idées, donc je réitère : de l'audace, de la créativité et de la pertinence, en s’assurant de développer des destinations numériques engageantes pour tous les citoyens numériques.
Thomas Jonkajtys
Thomas Jonkajtys
Chef Design et UX à Radio-Canada

En tant que directeur artistique interactif depuis plus de 10 ans, Thomas Jonkajtys s’est taillé une place dans l’industrie comme expert en design d’expérience en ligne. Son expertise poussée en matière de commerce électronique et d’expérience utilisateur lui a permis de travailler pour des clients de renom, comme Maison Marie Saint Pierre, Maison Birks, Yves Rocher, Dyson, Microsoft et Shiseido, avant son arrivée à Radio-Canada. À titre de chef Design et UX, il pilote une équipe de designers chevronnés pour les multiples sites web, applications et plateformes numériques du diffuseur public national.

  1. Je suis allumé par l'omniprésence du web dans la vie quotidienne des gens. On oublie rapidement l’époque pré-iPhone, où se perdre en voiture et ne pas avoir de monnaie pour téléphoner étaient choses courantes. Cela menait à de petites aventures. Avec notre accès au web quasi permanent, même si nous avons les outils pour éviter de nous perdre ou pour obtenir l'avis des gens sur un nouveau resto, nous avons la chance de pouvoir nous aventurer à l'autre bout du monde en un clic, de voir les gens qu'on aime via Facetime ou d'accéder à une banque illimitée de connaissances dans le fond de notre poche. C'est cet accès qui me permet de réaliser n'importe quelle idée qui me passe par la tête et de pouvoir entrer rapidement en contact avec des gens qui ont des valeurs et des idées similaires aux miennes, où qu'ils puissent être.
  2. Je recherche du design, une fonction et un esthétisme réfléchi. Le design et le UX sont des disciplines marginales dans l'échiquier du développement web. Les designers interactifs et UX sont les concepteurs les plus proches des utilisateurs, et leur apport en ergonomie et en utilisabilité est primordial. On dit de ne pas juger un livre par sa couverture, mais en termes d'applications, d'objets numériques et de sites web, la majorité des gens se fient à leurs premières impressions et surtout à leur première expérience.
  3. L’accessibilité du web, ça commence par une utilisabilité hors pair. On entend souvent les gens parler de handicap visuel, auditif ou physique pour justifier l’attention accordée à l'accessibilité du web, mais c'est faux de penser ainsi. On gagne tous à utiliser des codes et des signes qui sont universellement compris. C'est aussi dans l'optique de l'expérience utilisateur que l'accessibilité du web facilite le travail du designer; on évite ainsi d'avoir un dédoublement des fonctionnalités, et on simplifie ainsi les parcours d'utilisation d'un produit numérique.
  4. L’écoresponsabilité englobe une compréhension des technologies passées, actuelles et futures. Nous vivons dans un monde où la technologie est presque jetable. Même si l'adoption de nouvelles technologies se fait relativement rapidement, il faut considérer l’important bassin de population qui est très à l'aise avec les appareils actuels. Dans cette optique, il faut miser sur une très grande rétrocompatibilité des produits numériques, afin d'éviter de catalyser davantage le remplacement systématique de nos appareils.
  5. Radio-Canada a besoin d'idées créatives! Nous relevons rapidement et souvent des défis de l’ordre de l'utilisation, de l'exploration de contenus... mais nous devrions nous pencher sur des idées et des scénarios un peu plus fantaisistes et prendre des risques. Un dicton que j'aime résume bien cette idée : « L’ampoule électrique n'est pas née de l'amélioration en continu de la chandelle! »
Sylvain Carle
Sylvain Carle
Directeur général de FounderFuel et associé chez Real Ventures

Sylvain Carle ne vit que pour une chose : les technologies émergentes! Au cours des 20 dernières années, il a prospéré avec plaisir et émerveillement à la confluence des médias, des technologies et des réseaux. Pendant 15 ans, cet entrepreneur en série a agi à titre de dirigeant principal de la technologie et cofondateur au sein de Messagia, Interstructure, Praized et Needium. Avant de se joindre à Real Ventures, il était évangéliste techno auprès des développeurs chez Twitter à San Francisco. Socialiste, idéaliste et pragmatique, il est convaincu que la technologie changera le monde en cette ère de société interconnectée.

  1. La même chose que depuis 20 ans! Les tendances « du moment » vont et viennent, mais le potentiel de rejoindre le monde entier à partir d’une plate-forme commune reste une opportunité sans pareille. Le mouvement de balancier entre un web plus ouvert ou des plates-formes propriétaires/fermées est continuel, en cycles de trois, cinq et sept années. La promesse initiale et le potentiel reste toujours aussi vrais.
  2. Je cherche des équipes qui vont savoir trouver le juste équilibre entre « la grande idée » et « qu’est-ce qu’on peut accomplir en quelques jours »… c’est tout un défi!
  3. Savoir « voir » le web à partir des principes de base d’accessibilité. Penser ses applications en structures d’information. Installez-vous Lynx comme fureteur, ça change la perspective.
  4. C’est encore assez rare que ce genre de question se pose. Comment calcule-t-on son impact écologique en production numérique? Il y a des standards? De bons exemples? Je n’en connais pas.
Stéphanie Levasseur
Stéphanie Levasseur
Conseillère en expérience utilisateur et accessibilité à Desjardins

Stéphanie Levasseur est titulaire d’une maîtrise en ergonomie du logiciel de l’École polytechnique de Montréal (2010). Depuis 2009, elle y enseigne l’accessibilité du web pour un cours de 2e cycle intitulé Interfaces humain-ordinateur spécialisées.

Pour le Mouvement Desjardins, depuis 2011, elle travaille activement à l’intégration de l’accessibilité au sein de l’entreprise, notamment pour proposer des solutions numériques informationnelles et transactionnelles destinées aux membres et aux clients. Elle est aussi responsable du comité Accessibilité Mouvement, et y a dirigé la création de normes d’accessibilité personnalisées.

Elle est membre du conseil consultatif d’INCA Québec et, depuis 2011, conférencière au colloque sur l’accessibilité du web (A11YQC).

  1. Je m’intéresse à tout ce qui se rattache à l’accessibilité numérique et aux technologies émergentes qui facilitent notre quotidien, comme la biométrie, la reconnaissance vocale et gestuelle, la microtechnologie intégrant des outils de mesure, des caméras miniatures, etc. Il y a aussi l’émergence des chatbots, ou assistants virtuels, qui offrent un nouveau modèle d’interactions entre un humain (le client) et un système (organisation). Mais surtout, je m’intéresse à tout ce concerne l’intelligence artificielle, comme l’algorithme développé par Google pour interpréter la lecture labiale. Bref, tout ce qui touche les technologies au service des personnes handicapées ou limitées.
  2. Je recherche la satisfaction de découvrir de nouvelles solutions numériques à la fois innovantes, originales et pertinentes, ainsi que l’énergie hyper stimulante qui se dégage d’un tel type d’événement, où l’on crée pour répondre à des besoins réels.
  3. L’accessibilité du web, ça commence par la qualité! Ce n’est rien de moins que l’amalgame de plusieurs bonnes pratiques (simplification des textes, cohérence des interfaces, guidage visuel, code source conforme aux exigences du W3C, etc.) propres à chacune des expertises nécessaires à la réalisation des solutions numériques. On peut même aller plus loin, en intégrant la notion d’ergonomie du code source, à laquelle on vise non seulement à se conformer, mais aussi à optimiser l’expérience utilisateur des personnes aveugles. Développer l’accessibilité, c’est aussi tenir compte de l’ensemble des profils des utilisateurs, y compris les personnes handicapées, les personnes âgées, les analphabètes, et autres catégories d’utilisateurs ayant des besoins particuliers. On doit toujours garder en tête que l’utilisateur moyen n’existe pas et que le design pour les profils dits extrêmes bénéficie à tous!
  4. En offrant des contenus en ligne accessibles à tous, nous pouvons réduire en grande partie la production de documents imprimés ou voués à l’impression. Ces contenus doivent pouvoir être facilement transférés dans d’autres formats (messages textes, courriels, etc.) ou plateformes (réseaux sociaux, gestion de calendrier personnalisé, etc.). Évidemment, ces formats numériques doivent être accessibles afin que tous les utilisateurs, incluant les personnes handicapées ou limitées, puissent les consulter.
  5. Radio-Canada a l’occasion de devenir un leader et un modèle à suivre en offrant des solutions numériques accessibles à l’ensemble des Canadiens. Elle peut le faire en intégrant des technologies émergentes à leur écosystème de solutions numériques. Selon l’Enquête canadienne sur l’incapacité de Statistique Canada (2012), près de 5 millions de Canadiens ont une ou plusieurs incapacités (80 % en ont plus qu’une). Mis à part les réglementations en vigueur et à venir au Canada, le vieillissement de la population pousse les grandes organisations à tenir compte des besoins des clientèles visées. Optimiser l’accessibilité du web est aussi un excellent prétexte pour innover et créer des solutions numériques bénéfiques pour l’ensemble des internautes, handicapés ou non.
Rami Sayar
Rami Sayar
Évangéliste technique sénior à Microsoft

Rami Sayar est passionné des technologies qui joignent l’art, le design et le web. Depuis cinq ans, il expérimente avec des technologies dernier cri. Dans son rôle de développeur évangéliste principal pour Microsoft, Rami s’occupe des technologies en code source libre, les données ouvertes, l’infonuagique ainsi que le « growth hacking » et le marketing. Il participe à plusieurs conférences internationales (FITC, ConFoo, DroidCon, CUSEC, KWS, TEDx à HEC Montréal, etc.). Rami ne dort pas souvent, car il souhaite toujours livrer un code de haute qualité et aider les entreprises en démarrage à s’accomplir.

  1. Les technologies du web (JavaScript, HTML5 et plus) sont en feu et n’arrêtent pas d’évoluer très rapidement. C’est certainement un temps excitant d’être dans le domaine du web.
  2. Je recherche des solutions techniques ingénieuses et brillantes, du design raffiné et une expérience utilisateur bien pensée.
  3. Ca commence par des développeurs web qui s’engagent à faire de l’accessibilité une priorité en l’intégrant dans leurs habitudes de débogage.
  4. C’est du design qui est écoresponsable et qui tient compte du futur.
  5. De prendre des risques avec leurs technologies et de regarder celles du NY Times, La Presse et The Gardian.